Un vocabulaire renouvelé dans notre Église diocésaine

Article tiré de la revue Pastorale-Québec, mars 2019

Par René Tessier

C’est bien connu: nos paroisses évoluent rapidement, leurs limites territoriales sont redessinées, même bouleversées. Les changements d’appellation se multiplient sans cesse depuis quelques années; à un tel point que la réceptionniste des Services diocésains et les secrétaires des bureaux paroissiaux sont appelées constamment à aider des gens qui ne d’y retrouvent plus. Même des catholiques assidus aux célébrations dominicales peuvent éprouver du mal à retenir le nom de leur paroisse, surtout s’ils ont pris de l’âge.

Mgr Marc Pelchat, vicaire général du diocèse de Québec, a récemment annoncé des précisions pour une mise à jour et une unification du vocabulaire employé. Essayons donc de nous situer, en commençant par un bref rappel historique.

Un résumé de nos détours sémantiques

Pour décrire les modifications survenues depuis les débuts du présent millénaire, nous avons recouru à plusieurs termes, parfois à des néologismes. Ainsi nous avons inventé le mot « réaménagements » (pastoraux) qui ne figurait dans aucun dictionnaire, encore l’an dernier. Nous avions créé dans les années 1975-80 des régions pastorales, dont les limites n’ont cessé de bouger depuis lors. Pour bien établir que des paroisses disparues (parce que fusionnées avec une autre) ne cessaient pas pour autant de rassembler des fidèles, nous avons insisté, depuis 10 ans, sur les communautés locales. Mais nous avons voulu aussi faire ressortir que celles-ci s’inscrivaient désormais dans une communion avec d’autres. Déjà dans la décennie 1990, nous avions commencé à parler d’unités pastorales, pour désigner des ensembles confiés à une même équipe pastorale, une autre expression naguère toute neuve, jaillie dans l’après-Concile.

Sans oublier, évidemment, tous les changements de vocables apportés dans des paroisses renommées, certaines plus d’une fois en quelques années seulement. Pour bien faire ressortir l’importance des nouvelles paroisses (nées de fusions), sans minoriser la place des communautés locales qui les composent, nous n’employons plus l’expression « communion de communautés »; du moins, pas pour désigner des regroupements de communautés locales. Nous nous limitons désormais à évoquer parfois la communion souhaitée et à bâtir entre les communautés chrétiennes locales.

Enfin, les anciennes régions pastorales sont devenues, avec le temps, des vocables à la signification très floue : les services régionaux s’étant beaucoup étiolés depuis une quinzaine d’années, on voyait des réunions dites régionales se tenir par rives du fleuve (nord et sud), par secteurs (Amiante, Laurentides, Lotbinière-Bois-Francs, Québec-Centre, etc.) ou par régions, telles que découpées en 1998 (Chaudière, Louis-Hébert/Portneuf, Charlevoix/Orléans…). Bref l’expression portait à confusion; il fallait la redéfinir à chaque fois. Aussi nous est-il demandé de ne plus y référer; à des fins de clarté, on peut tout simplement annoncer des réunions pour les intervenants pastoraux d’un territoire donné en prenant soin de bien énoncer duquel il s’agit. D’autant plus que certaines nouvelles paroisses couvrent l’entièreté de régions qui existaient dans les années 1970…

Les unités (pastorales) peuvent toujours servir à désigner l’ensemble des communautés ― et exceptionnellement, les deux ou trois paroisses ― confiées à une seule et même équipe pastorale. Mais, la plupart du temps, les regroupements ont abouti à une paroisse unique, formée de plusieurs communautés locales, pour un curé et son équipe pastorale. C’est ainsi que, pour servir les 216 communautés locales qui subsistent à l’intérieur de nos frontières diocésaines, nous avons maintenant un grand total de 38 paroisses. Le processus de regroupement de celles-ci a été complété le 1er janvier dernier, un an avant la date prévue. Nous ne pouvons tirer aucune gloire d’avoir été contraints à toutes ces fusions; nous pouvons cependant pousser un soupir de soulagement à constater que le tout s’est déroulé sans trop de heurts et un peu plus vite que prévu.

Dans l’immédiat, il nous reste à bien assimiler les noms des nouvelles paroisses et à aider nos fidèles pour qu’ils puissent s’y retrouver. Si c’est parfois confondant pour nous qui nous y sommes totalement investis, combien plus ce doit l’être pour eux qui ont aussi bien d’autres préoccupations, familiales, professionnelles, médicales pour d’aucuns, sociétales, etc.

Afin précisément d’y voir un peu plus clair, nous risquons un tableau de la situation aux pages suivantes.