L’Église de Québec bouge

L’année de la foi, qui a débuté le 11 octobre 2012, pour souligner le cinquantième anniversaire de l’ouverture du concile Vatican II, se conclura le 24 novembre 2013 en la solennité du Christ Roi. Cette année promulguée par sa sainteté le pape Benoît XVI n’est pas restée lettre morte pour M. l’abbé Pierre Gingras, curé de la paroisse St- Jean Baptiste. Il met en route un projet pastoral d’une durée de trois ans : L’héritage et les fruits du Concile Vatican II pour se les réapproprier. Ce projet, comme la durée du Concile, se poursuivra jusqu’en décembre 2015.

Dès le 25 octobre, M. l’abbé Gingras convie ses paroissiens à une rencontre avec M. le professeur Gilles Routhier, doyen de la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval. Je me sens vraiment privilégiée d’assister à cette rencontre avec cet expert de Vatican II qu’est M. Routhier. Le temps a filé très vite pendant l’entretien d’une heure et demie qu’il nous a donné.

En attendant la conférence, nous pouvions voir défiler sur l’écran différentes photos d’époque : les pères conciliaires, le trône de l’évangéliaire, la procession d’entrée qui se prolongeait sur trois kilomètres, etc. Voici un aperçu de cet entretien.

L’approche employée par notre conférencier : penser Vatican II à partir de la notion d’apprentissage. En quatre ans, les pères conciliaires ont d’abord appris à ÉCOUTER. Ils ont appris en étant là, ensemble, en faisant le Concile, en vivant le Concile.

Après la célébration eucharistique quotidienne, les 2 100 à 2300 évêques se réunissent à la basilique Saint-Pierre de 9 h à 13 h et participent aux 159 Congrégations générales auxquelles s’ajoutent plusieurs sessions solennelles. Chaque matin, la Parole de Dieu est intronisée : elle entre en procession, et est portée solennellement sur un petit autel qui domine l’assemblée. On la dépose ensuite sur le trône de l’évangéliaire où l’on peut lire : In principio erat Verbum, et Verbum erat apud Deum. (Au commencement était le Verbe et le Verbe était auprès de Dieu) Les travaux conciliaires sont placés sous le signe de la Parole de Dieu. Quand le pape vient aux Congrégations générales, il ne s’assoit pas à l’endroit de la présidence. Car ce n’est pas une personne qui préside le Concile, c’est la Parole de Dieu, c’est Jésus lui-même. La Bible est la source, l’inspiratrice du Concile. On l’ouvre à cette page du prologue de Jean : In principio erat verbum… Ce n’est pas par hasard que l’on ouvre la Parole à cet endroit. Qu’est-ce qui est au fondement, au commencement, à l’origine ? Est-ce notre propre parole ? Car les Pères sont réunis en Concile pour dire quelque chose. Mais avant leur propre parole, à l’origine de notre propre parole chrétienne : In principio erat Verbum. Cependant, il n’y a pas cette parole conciliaire sans le premier apprentissage : RÉENTENDRE la Parole. Comment Dieu parle-t-il à cette humanité-là ? Quelle est la Parole de Dieu pour cette humanité ? C’est cela que les Pères doivent reprendre ensuite. Comment redire cette Parole de Dieu à l’humanité d’aujourd’hui ? Alors retrouver ce qui est au fondement, à l’origine ; et ce n’est pas simplement pour arriver à parler. Quand on retrouve ce qui est au commencement et qu’on doit prendre des décisions, c’est un bon critère de discernement. ÉCOUTER la Parole de Dieu pour apprendre à distinguer l’essentiel de ce qui ne l’est pas ; pour discerner entre ce qui est capital dans le christianisme et que l’on doit conserver par-dessus tout et ce qui représente des sédiments ajoutés au fil des âges, ce qui n’a pas la même importance. La Parole de Dieu donne un critère de discernement et elle nous aide à trancher.

Apprendre à ÉCOUTER la Parole, ce premier apprentissage, est ensuite passé dans les textes conciliaires : « il n’y a pas de dispensation des sacrements sans que l’on écoute la Parole de Dieu, on la remet au centre. » et on dit que le Christ est présent dans l’eucharistie d’abord par l’assemblée et par sa Parole. Le premier ministère des évêques et des prêtres, est-il dit dans Vatican II, est d’annoncer la Parole. Et comme les Pères du Concile, on a à refaire cet apprentissage de l’écoute de la Parole.

C’est la première fois, qu’à travers les évêques venant de 116 pays, le monde entier est là « avec ses joies, ses espoirs, ses tristesses, ses angoisses. » Alors, les Pères ont appris également à ÉCOUTER non seulement la Parole de Dieu, mais les clameurs du monde, les requêtes du monde, les cris du monde et il n’y aurait pas eu de Concile sans cela. C’est à partir de cette double écoute et de cette écoute conjointe de la Parole de Dieu et des bruits du monde qui parviennent dans l’assemblée à travers tous les Pères réunis que vient le deuxième apprentissage : APPRENDRE À PARLER. (à suivre)

J’ai bien apprécié cette soirée et je me suis réjouie de voir que la PAROLE de DIEU présidait le Concile.

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