Le meilleur de la religion

Le décès accidentel d’Isabelle Péladeau n’a laissé personne indifférent la semaine dernière. Nous aurions été nombreux à vouloir être présents à ses funérailles à l’église St-Viateur d’Outremont pour épauler sa famille et ses proches (à qui nous offrons toutes nos condoléances).

Dans son billet du jour sur le site du Journal de Québec (VIP), Lise Ravary revient sur la journée de l’événement. En voici un extrait (allez aussi le lire au complet en page 17 du quotidien de ce 2 décembre):

Capture JdQ

En ce «Black Friday 2013», je vivais un vendredi noir d’un tout autre ordre. J’assistais, dans une église catholique centenaire, aux émouvantes obsèques de mon amie Isabelle. Les yeux dans l’eau, le nez dans les Kleenex, nous étions soudés par la tristesse de cet au revoir, mais soutenus par une liturgie familière et apaisante.

Tout était parfait. Une cérémonie à la fois sobre et sublime. Les textes, la musique, tout avait été pensé pour la disparue, même si elle n’était pas là pour le vivre. Qu’importe. Les gens se disaient, dans un ultime effort de réconfort: «Elle nous voit d’en haut.» Croire ou pas, quelle importance? La foi, que ce soit en Dieu, en l’Homme ou en l’Univers, c’est l’espérance.

De moins en moins à la mode, les rites solennels demeurent essentiels pour marquer les grands passages de la vie. À ce chapitre, le catholicisme, que j’ai pourtant quitté, remporte la palme du meilleur scénario, de la meilleure mise en scène et de la plus belle trame musicale. Ce film-là pourrait bien s’intituler Quête de sens. Les rites solennels demeurent essentiels pour marquer les grands passages de la vie.

(…)

Le prêtre nous a rappelé les paroles de saint Augustin, reprises par Charles Péguy: «La mort n’est rien. Je suis simplement passé dans la pièce d’à côté. Je suis moi, tu es toi. Ce que nous étions l’un pour l’autre, nous le sommes toujours.»

C’est presque aussi bon que du Vincent Vallières.

Sérieusement, il ne reste plus beaucoup de lieux publics où l’on cite saint Augustin et Charles Péguy. Que ferons-nous quand tout cela aura disparu? Qui deviendrons-nous?

Je ne défends pas la religion, mais, en nous voyant tous réunis et recueillis, agnostiques, croyants ou athées, je me suis dit que le grand ménage de la Révolution tranquille nous a coupés non seulement d’une source de réconfort face aux mystères de la vie et de la mort, mais aussi d’une spiritualité qui a toujours servi de contrepoids au matérialisme.

LE SENS DU COMMUN

Pas besoin de croire en Dieu ou de pratiquer une religion pour être critique face à la société de consommation extrême et au relativisme moral ambiant. L’art, l’amour, l’humanisme ont pris la relève, mais ce sont des passages individuels vers la vie intérieure. Dans cette église, nous formions aussi une communauté spirituelle et culturelle.

J’ai compris l’attachement au crucifix comme symbole identitaire.

Entre la religion qui étouffe et la spiritualité gnangnan des anges, des cristaux et des déesses mères, n’y a-t-il pas de place pour quelque chose d’intangible et de plus grand que soi qui puisse nourrir les aspirations éternelles de l’humanité: comment mieux vivre, souffrir moins, aimer plus?

+++

Ce témoignage provenant de madame Ravary, une convertie au judaïsme, m’a fait chaud au coeur, surtout en cette journée où le pape François recevait le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et discutait avec lui de notre héritage commun. Au même titre qu’il faut dénoncer les religions lorsqu’elles font des contre-témoignages, prenons le temps de saluer la beauté qui anime nos traditions religieuses, reflet d’un Dieu d’Amour.

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