La joie de l’amour, nerf de la vie familiale

Par René Tessier

La Conférence des évêques du Canada (CECC) a invité toutes les familles à lire le texte et à prier à partir de lui. Elle relève qu’Amoris Laetitia rappelle d’abord des éléments fondamentaux: (encore et toujours dans le monde contemporain), « le désir de famille reste vif, spécialement chez les jeunes » et, plus loin au #1: « l’annonce chrétienne qui concerne la famille est vraiment une bonne nouvelle ». Néanmoins, l’Exhortation apostolique ne craint pas de réfléchir « aux crises, aux temps d’angoisse et aux difficultés » (#231) que peuvent rencontrer les familles. En cette Année jubilaire de la miséricorde, il est souhaité que soient accompagnées toutes les familles en situation difficile.

Aux Services diocésains de Québec, une conférence de presse a souligné cette parution. Trois personnes prenaient alors la parole devant les médias : le cardinal Gérald C. Lacroix, archevêque de Québec qui a pris part au Synode d’octobre dernier, Valérie Roberge-Dion, mère de deux très jeunes enfants et auteure d’un  livre qui vient tout juste de paraître sur l’éducation chrétienne en famille (Entre ciel et mère, Novalis, 2016), et Antoine Malenfant, père de six enfants, sociologue et anthropologue de formation, rédacteur en chef du magazine catholique Le Verbe.

Le cardinal Lacroix a d’abord présenté rapidement l’exhortation comme un document « d’un profond sens pastoral ». Il se réjouit que le pape François, avec son cœur de pasteur qu’on reconnaît de plus en plus, offre à l’Église et au monde « et spécialement aux familles, bien sûr, une voix positive et encourageante, qui rappelle la grandeur et la beauté de la famille, malgré les nombreux défis qu’elle rencontre ». Il a souligné que l’Exhortation apostolique s’enracine dans la Parole de Dieu, comme elle se doit, mais « garde aussi les pieds sur terre » pour bien examiner la situation réelle des familles dans le monde d’aujourd’hui. Il prévient, par ailleurs, qu’on risque d’être déçu si on souhaitait des réponses « toutes en noir et blanc ».

Valérie Roberge-Dion a d’abord relevé la chaleur habituelle du pape François pour commenter: « Je reçois ce document comme un beau câlin du Saint-Père à toutes les familles. » Elle a apprécié que le point de départ soit la réalité vécue actuellement dans les familles, et non « une idéalisation inaccessible ».  Aussi sentait-elle que « le Pape s’adressait vraiment à moi et à mes amis ». Constatant la difficulté très répandue à oser croire en un amour durable, Valérie a remarqué aussi le désarroi porté à l’écran dans le documentaire L’amour au temps du numérique; la sortie d’Amoris Laetitia lui apparaît comme une bouffée d’air frais plus que bienvenue. Elle se dit étonnée de voir à quel point les propos du pape François, comme le chapitre 7 sur l’éducation des enfants, s’imposent par leur grande pertinence.

Antoine Malenfant, marié depuis neuf ans, a voulu préciser d’abord le sens du terme « joie »: rien de jovialiste mais une joie « qui n’est ni naïve ni légère (…) mais plus grande que ce que propose notre culture du déchet ». De concert avec Valérie, Antoine a apporté un exemple amusant : « les 5 à 7 (17h-19h) chez nous ont des allures de guerre atomique mais… je ne manquerais pas ça pour rien au monde ». Il souligne l’absence de moralisme, le fait que le texte ne s’adresse pas à des familles idéales – ou qui se croiraient telles. Il note la récurrence dans le document de la logique du don: « la famille est un lieu d’amour inconditionnel, on ne choisit pas ce que seront nos enfants, on se découvre constamment ». Enfin, il a senti l’appel aux familles de devenir de véritables agents de la miséricorde: « je me sens invité à sortir de mon confort pour devenir missionnaire, finalement ».

« Nous avons un instrument à partir duquel réfléchir et agir », a conclu le cardinal Lacroix, se réjouissant de la contribution de ces deux jeunes parents.

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