Fermeture de l’église Saint-Charles de Limoilou

Dès 10 h 30, M. Raymond Pelletier introduit la célébration. Il rappelle des paroles de Mgr Lacroix : « L’Église existe pour évangéliser. Prenons au sérieux les réaménagements pastoraux pour que la mission soit première et que nos communautés interpellent nos frères et sœurs aux valeurs de l’Évangile.» Puis M. Pelletier ajoute : « Dans notre cœur, situons-nous donc dans cette perspective évangélique qui n’enlève rien à notre peine, mais qui lui donne un sens et une espérance. Ensemble, intérieurement, communions à notre pasteur diocésain et prions : « Reste avec nous Seigneur !»

Au chant de Tournés vers l’avenir, chanté par les belles voix de la chorale dirigée par M. Éric Ménard, la procession d’entrée défile. Mme Jacqueline Labbé, portant le cierge pascal allumé, ouvre la marche, suivent une dizaine de prêtres dont trois Pères capucins. Ensuite M. le curé Claude Gagnon, dans son mot d’accueil et de bienvenue à l’assemblée rappelle que : «L’église Saint-Charles faite de pierres sera fermée, mais l’Église Saint-Charles faite d’une communauté de croyantes et de croyants continue à vivre et, malgré sa douleur, elle se tourne vers l’avenir. Jésus-Messie, aide-nous à prendre conscience que l’essentiel de notre foi, c’est Toi, le Ressuscité, ton Évangile ainsi que la communauté des croyants réunie en ton nom et engagée à ta suite.»

À son tour, Mgr Proulx, dans sa monition d’entrée, attire l’attention sur la reconnaissance envers le Seigneur, qui doit nous habiter, pour tout ce qui a été vécu de beau dans cette église. Il ajoute : « Le Seigneur nous accueille aujourd’hui dans le deuil que nous vivons à l’occasion de cet événement. Il nous invite à demeurer debout dans la foi pour continuer à former l’Église, le Corps du Christ.

La célébration eucharistique, teintée de nostalgie, en la circonstance, débute. L’assemblée se joint à la chorale pour le refrain du Gloria in excelsis dit de Lourdes, le Sanctus et l’Agnus.

Mgr Proulx nous sert une très belle homélie. Il nous rappelle qu’à deux reprises ce lieu de culte a été la proie des flammes, mais que toujours il s’est relevé. « Aujourd’hui, dit-il, c’est un peu cela qui se produit aussi. Du moins c’est l’effet que ça peut produire en nous. Il faut mourir pour vivre. Jésus lui-même s’est anéanti et a été relevé d’entre les morts. […] « Il nous est possible de vivre la fermeture de cette église comme des amis de Jésus qui, à cause de lui, osent affronter la mort, non seulement notre mort personnelle, mais aussi les morts que traverse notre Église. Nous sommes ce matin des amis qui sont invités à partager le chemin du Christ. Et si selon sa promesse, la vie est plus forte que la mort, nous reconnaissons bien que, souvent, la vie passe par la mort.» Mgr Proulx remercie ensuite les Frères Mineurs Capucins pour leur apport à la paroisse, il ajoute ensuite : « Une dernière fois, faisons eucharistie sur cet autel, qui représente le tombeau du Christ, d’où il surgit vivant dans le pain et le vin consacrés. Comprenons qu’à chaque fois que nous venons déposer sur l’autel les morts de notre vie, le Père qui nous aime nous relève de nos morts avec le Christ pour faire de nous des hommes et des femmes renouvelés par son amour.

La véritable Église de Dieu, c’est nous, temple fait de pierres vivantes, dont les pierres de cette église paroissiale ne sont que le symbole. Que l’Esprit-Saint nous cimente les uns aux autres dans la foi, pour bâtir cet édifice harmonieux dont le Christ ressuscité est la pierre d’angle à jamais.»

L’eucharistie se poursuit. Lors de la procession des offrandes, Sr Raymonde Duquette, S.S.C.M. et le Frère Jacques Mathieu, o.f.m.cap. dévoilent deux tableaux en souvenir de l’implication de leur congrégation dans la paroisse. Mme Rita Richard et Mme Solange Turcotte présentent des œuvres confectionnées de leurs mains au nom du groupe de dames qui partageait le profit de leur production avec la paroisse. Mme Desrosiers accompagné M. Rassy Himeiry Bakari, baptisé adulte dans cette église, apportent le registre paroissial et un cierge allumé témoin de la vie sacramentelle et de son rayonnement dans la paroisse. Mme Lise Arsenault, au nom de tous les bénévoles du bazar annuel dont les profits apportaient une aide financière à la paroisse, offre des fleurs tandis que Mme Henriette Sirois et Mme Colette Daigle apportent le pain et le vin.

Pendant que l’on recueille les offrandes des fidèles, la chorale exécute le sublime Ave Verum de Elgar. À la fin de la messe, M. le curé Claude Gagnon remercie tous les intervenants. Nous sommes invités ensuite à prier en action de grâce avec Mme Christine Blouin pour l’héritage légué par cette église.

Avant les rites de conclusion qui marquent la fermeture au culte de l’église, Mgr Proulx a béni les signets-souvenirs et les cierges qui seront distribués à tous les personnes présentes. Vient ensuite ce que j’ai trouvé de très impressionnant : le dépouillement de l’autel. On a confié la pierre d’autel, signe que le Christ est le rocher sur lequel nous pouvons nous appuyer, à M. Pierre Lefebvre, qui la placera à l’église Saint-Fidèle en souvenir de cette église Saint-Charles. Puis, comme la communauté de Saint-Charles se rassemblera désormais dans la chapelle des Capucins pour l’Eucharistie quotidienne, les Saintes Espèces précédées du cierge pascal sont remises au Père Jacques Mathieu. Pendant ce temps, les fidèles tiennent un cierge allumé au cierge pascal, tandis que la chorale chante Lumière du monde. Comme c’est émouvant de voir ensuite éteindre la lampe du sanctuaire qui avait comme but de signifier la présence de Dieu dans cette église! Heureusement, Dieu continuera d’habiter le cœur de chaque baptisé.

En assistant à cette belle cérémonie, j’ai passé par toute la gamme des émotions : action de grâce pour les innombrables faveurs distribuées à profusion dans ce magnifique temple lors des baptêmes, des premières communions, des mariages, des sépultures, du sacrement du pardon, des eucharisties célébrées, des rencontres personnelle avec le Seigneur ; mais aussi la peine de voir fermer tant d’églises au Québec.

Puisse le Seigneur, à l’occasion de l’année de la FOI, ranimer dans le cœur des baptisés le feu de son amour !

 

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