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Eléments de réflexion en lien avec les principales inquiétudes

Lors de la tournée de présentation du cadre de référence pour les réaménagements pastoraux en 2012, plusieurs personnes ont pris la parole (ou ont écrit) pour nous partager des inquiétudes qui les habitaient en pensant à l’avenir de leur communauté chrétienne locale. La série des trente-deux questions et réponses au début de ce document a possiblement apporté certains éléments d’éclaircissement. Nous reprenons ici les principales inquiétudes exprimées en y apportant quelques autres éléments de réflexion.

« Tous ces changements, ça m’inquiète »

Tous les changements apportent leur lot d’inconforts. Car changer nous oblige à sortir de nos habitudes, à faire autrement. Chaque fois que l’on change, on bouge… et cela crée toujours un déséquilibre. Mais si nous voulons continuer de répondre à la mission, il est nécessaire de changer et d’ajuster nos façons de faire pour nous adapter aux réalités d’aujourd’hui.

« J’ai l’impression que tout est décidé d’avance »

Monseigneur Gérald C. Lacroix le disait dans un message vidéo présenté lors de la tournée des régions pastorales en juin 2012 : « La seule chose qui est décidée d’avance, c’est que nous devons regrouper nos forces pour la mission comme le Christ nous le demande! ». Toutes les transformations annoncées ont été discutées, discernées, priées et choisies avec quelques milliers de personnes depuis plusieurs années. Et cette façon de faire en collégialité va se poursuivre, car nous voulons être « ensemble pour la mission » comme le dit notre Archevêque. Les membres des communautés chrétiennes locales seront invités à participer aux réflexions et décisions qui seront à prendre dans leur milieu.

« J’ai peur que ma communauté se perde dans un ensemble trop vaste »

Nous réalisons des réaménagements pastoraux pour nous permettre de mieux réaliser la mission d’évangélisation. Pour y arriver, nous devons tout faire pour revitaliser et augmenter la vie des communautés chrétiennes locales. Il appartient aux membres de chaque communauté chrétienne locale de développer des moyens concrets pour que le sentiment d’appartenance à la communauté soit maintenu et se développe encore davantage. C’est une condition essentielle pour la réussite de l’évangélisation, car comme chrétiens et chrétiennes, nous avons besoin de sentir que nous appartenons à un groupe que nous connaissons et qui nous connaît.

« Dans la grande paroisse, il n’y aura plus de sentiment d’appartenance »

Le sentiment d’appartenance dépend de la qualité de la vie du milieu, des relations entre les personnes, de la « saveur » des activités offertes. Dans la communion de communautés, chaque communauté chrétienne locale est invitée à être de « plus en plus vivante, missionnaire et évangélisatrice » comme le précise le cadre de référence pour les réaménagements pastoraux. Si nous travaillons dans ce sens, le sentiment d’appartenance devrait se maintenir… et même aller en augmentant!

« Le diocèse refuse de nous écouter »

Depuis plusieurs années, les différentes instances diocésaines ont déployé beaucoup d’efforts pour écouter les personnes engagées dans les communautés chrétiennes. Les rencontres et moyens de consultations se sont multipliés. L’Assemblée synodale diocésaine tenue en 1995, le congrès des fabriques de 1998, la démarche du Congrès d’orientation pour l’avenir des communautés chrétiennes en 2003, les tournées de présentation du cadre de référence pour les réaménagements pastoraux et les rencontres de réflexions sur des scénarios de réorganisation des paroisses en 2011-2012 ont été des temps forts de prise de parole des personnes baptisées, d’écoute et de discernement collectif.

Dans la poursuite de la mise en place des communions de communautés, tous et toutes sont invités à collaborer à la planification et à la réalisation des différentes étapes prévues dans la démarche suggérée lors de l’annonce de la composition des communions de communautés (tournée de juin 2012).

« Les paroissiens et les paroissiennes ne veulent pas soutenir financièrement la nouvelle paroisse!… Nous allons perdre le soutien financier de bien des gens »

Il est vrai que la contribution financière est un enjeu de taille pour l’avenir de nos communautés chrétiennes. Nous avons tous et toutes un rôle à jouer pour rejoindre et motiver les gens à soutenir l’oeuvre et le témoignage de nos communautés paroissiales.

Nous avons d’une part à répondre aux inquiétudes des paroissiens et paroissiennes en affirmant clairement notre volonté commune de bâtir une organisation paroissiale davantage en mesure de soutenir les personnes baptisées dans leur vie de foi, à vivre la communion entre tous les membres de la communauté et à témoigner auprès de toutes les personnes vivant sur le territoire de la paroisse.

La présence et l’action pastorale de la paroisse et de ses communautés locales apportent au milieu des valeurs, de la confiance et de l’espoir et contribuent à la construction d’un monde plus humain et solidaire. Dans nos milieux, la mission de l’Église par les paroisses est non seulement pertinente et utile, mais vitale. Comme personnes baptisées, comme communautés chrétiennes nous contribuons à la vie et au mieux-être collectif de nos milieux, de nos villes et villages. C’est là-dessus que devons convaincre les paroissiens et paroissiennes et toute la population à soutenir financièrement la nouvelle paroisse.

« Les bénévoles ne veulent pas s’impliquer pour la nouvelle paroisse »

Comme chrétiens et chrétiennes, nous sommes invités à mettre nos « talents » au service des autres. La nouvelle paroisse, ce sera le rassemblement qui va permettre à votre communauté de réaliser sa mission et d’être plus vivante! Si les gens ont à cœur leur communauté, ils auront aussi à cœur leur paroisse. Il est certain que c’est toujours un défi d’identifier des personnes qui acceptent de donner de leur temps pour les autres.

« Des marguilliers cesseront de s’impliquer s’ils ne sont pas sur la nouvelle assemblée de fabrique »… « Les gens vont être démobilisés, car on va passer de 60 à 6 marguilliers »

L’assemblée de fabrique est un comité important pour la vie d’une paroisse, mais ce n’est pas le seul. Dans les nouvelles paroisses qui seront formées, il faudra mettre en place de nouvelles instances qui vont permettre au plus grand nombre possible de personnes baptisées de s’impliquer dans la gestion et l’administration. Ce sera l’occasion pour des anciens marguilliers et marguillières, président ou présidente d’assemblée de continuer à s’impliquer.

« Mon église sera fermée »

Les réaménagements pastoraux ne se font pas pour fermer des églises. Ils visent à ce que chaque communauté chrétienne locale soit de plus en plus vivante, missionnaire et évangélisatrice. Chaque milieu aura à regarder s’il est en mesure de se donner toutes les ressources pour l’évangélisation, à commencer par les ressources humaines. Il pourrait arriver dans certains milieux que le poids financier relié à l’entretien et à la conservation des bâtiments empêche la réalisation des activités et services pastoraux en vue de la mission. Dans ces milieux, il faudra voir comment nous allons traverser cette difficulté. La fabrique, en consultation constante avec les paroissiens et paroissiennes, recherchera avec les partenaires du milieu diverses solutions pour l’entretien et l’usage de l’église. Celles-ci sont nombreuses et variées. Dans certains cas, en dernier recours, il faudra envisager la fermeture au culte d’une église. Mais cela viendra au terme d’une longue démarche de réflexion, de recherche, de discernement et de consultation.

« Qui pense au patrimoine religieux de ma région? »

Les assemblées de fabrique sont sensibilisées et soucieuses de la conservation du patrimoine. Dans plusieurs milieux, les municipalités, les MRC et des acteurs économiques et sociaux ont aussi commencé à s’impliquer dans les réflexions et les actions concernant la conservation du patrimoine. Ce cercle d’instances doit continuer à s’élargir, car la conservation du patrimoine ne peut reposer uniquement sur la communauté catholique. Il y a un réel défi d’informer et de sensibiliser la population à la conservation du patrimoine.

« Le prêtre sera écrasé par la lourdeur de la nouvelle administration »

Les structures administratives actuelles sont de plus en plus écrasantes pour les curés. D’une part, elles sont trop nombreuses et, d’autre part, certaines tâches devraient être prises en charge par des personnes baptisées. La diminution du nombre de fabriques, le regroupement en corporation pour la gestion des cimetières, la désignation de présidents laïques pour les assemblées de fabrique et l’engagement d’un gérant administratif peuvent constituer d’excellents moyens pour dégager les prêtres et libérer le plus de ressources possible pour la mission, pour l’évangélisation.

« Ma communauté chrétienne sera avalée par la plus grosse dans la nouvelle paroisse »

Former une communion de communautés ne signifie pas qu’il y aura une seule grande communauté. Chaque communauté a ses couleurs et sa dynamique. Et les communautés chrétiennes de plus petite taille ont souvent développé un fort sentiment d’appartenance et une belle qualité de vie communautaire qui fait parfois l’envie de grands milieux souvent plus anonymes. Se regrouper, c’est mettre ses forces et ses richesses ensemble pour être encore plus vivant. Quand deux familles s’entraident lorsque survient une difficulté, il n’y en a pas une qui disparaît! Au contraire, les forces de l’une viennent redonner du souffle à l’autre.