Autour du feu à la Fête des tentes

Article tiré de la revue Pastorale-Québec, novembre 2017

Par Jean-Sébastien Lajoie

Nous sommes à la toute fin du mois d’août, à Saint-Pierre de l’Île d’Orléans, sur le site du camp O Carrefour. C’est le soir. Le feu crépite au milieu de notre groupe. Nous sommes des jeunes adultes venus des quatre coins du Québec, et même d’Ontario, pour participer à cette fin de semaine de la Fête des Tentes. Une chanson à répondre est lancée et tous donnent généreusement de leur voix. Le chant est suivi d’un conte, puis d’une blague et enfin d’un jeu. Chacun y va de sa proposition pour animer cette soirée qui va bon train. Ça faisait un bout que j’hésitais à venir. Cette année, j’ai tenté le coup!

On discute, on partage sur ce qu’on a vécu depuis la veille au soir, le vendredi, lorsque la fin de semaine est lancée. C’est par de joyeux chants de louanges qu’elle débute! C’est vraiment emballant de chanter tous ensemble, comme dans une belle grosse chorale. Après la musique, un sketch va nous dévoiler le thème de la fin de semaine; un thème franciscain bien sûr! On nous invite ensuite à participer à un très beau temps de prière où l’ambiance feutrée, les cierges distribués et les chants méditatifs nous guident doucement vers la nuit et le sommeil.

On discute encore, tout près du feu de la Fête des Tentes. On échange sur ce que nous avons vécu ici jusqu’à maintenant: des enseignements autour du thème de l’année, des invités qui nous ont fait réfléchir. C’est vraiment intéressant et très fraternel. En après-midi, on nous a proposé plusieurs ateliers différents. On aurait bien aimé n’en manquer aucun; ça n’a pas été facile de choisir, mais les différentes expériences de chacun permettent maintenant de se compléter les uns les autres. L’un nous rapporte le témoignage de ce couple à propos du mariage chrétien, un autre nous raconte comment il fut renversé par sa rencontre avec des personnes de l’Arche de Jean Vanier. Quelques-uns nous font une démonstration des danses juives qu’ils ont apprises, d’autres nous montrent les icônes qu’ils ont écrites et nous parlent un peu d’iconographie. L’une nous avoue avoir été particulièrement touchée par l’histoire de vie de ce missionnaire chrétien, une dernière enfin nous dit comment les témoignages vocationnels qu’elle a entendus font écho dans sa propre vie.

Toutes ces belles expériences que nous avons engrangées depuis hier soir, nous les avons déposées avec reconnaissance pendant le temps d’adoration eucharistique qui a précédé le feu de camp. C’est si puissant de prier devant Jésus Eucharistie! L’animation était belle, priante et bien ajustée à ce que nous vivons. Tout ceux qui l’ont désiré ont pu se confesser et recevoir le pardon.

La soirée avance et le groupe autour du feu diminue en nombre au profit des tentes et des chambres qui se remplissent peu à peu. Demain, il reste la grande messe qui va clôturer la fin de semaine!

Un rassemblement annuel toujours couru

Depuis sa première édition en 2003, c’est en moyenne 70 jeunes adultes qui, chaque année, participent à la Fête des Tentes. Ils viennent, bien sûr, pour se ressourcer spirituellement, pour rencontrer d’autres jeunes croyants, pour découvrir ou approfondir la spiritualité franciscaine, mais aussi, tout simplement, pour s’amuser et passer une belle fin de semaine.

Chaque nouvelle édition est organisée par un comité formé de jeunes adultes laïcs et de religieux-religieuses de la Famille Franciscaine. Ensemble, ils choisissent un thème à saveur franciscaine qu’ils développent ensuite, tout au long de la fin de semaine, par des sketchs, des enseignements, des ateliers, des chants, et par bien d’autres moyens. Cette année, par exemple, le thème était : « Que tous soient UN en DIEU ». La rencontre entre saint François d’Assise et le sultan, ainsi que le mystère de la Trinité furent les terreaux principaux à partir desquels s’est élaboré tout le développement du thème.

Les objectifs de la Fête des Tentes sont simples. Premièrement, donner à des jeunes adultes l’occasion de vivre une expérience de foi, une rencontre avec Dieu. Deuxièmement, leur permettre d’expérimenter la fraternité franciscaine et la proximité avec d’autres jeunes chrétiens. Enfin, troisièmement, les ouvrir un peu à la spiritualité (l’art de vivre) franciscain. Ces trois impératifs sont toujours demeurés au cœur de la Fête des Tentes à chaque nouvelle édition.

Certains se demanderont peut-être pourquoi avoir nommé ce rassemblement à partir du nom d’une fête juive (cf. Jean 7). Disons simplement que la symbolique de cette fête s’accorde particulièrement bien avec la spiritualité franciscaine. En effet, durant la Fête des tentes juive, le peuple fait mémoire de son époque nomade (livre de l’Exode), ce temps où les Hébreux habitaient dans des cabanes et des tentes, où rien ne devait être pris pour acquis, ni le gîte ni le pain quotidien, cette fameuse manne, donnée par Dieu. En choisissant de nommer leur rassemblement jeunesse « Fête des tentes », la Famille Franciscaine invite ainsi les participants à réaliser que nous aussi, nous sommes des pèlerins nomades, en marche vers notre demeure éternelle qu’est la maison du Père. Rien n’est solide en cette vie sinon Dieu seul. Saint François d’Assise avait compris ça, lui qui s’était dépouillé de toute mondanité pour n’être riche que de Dieu.

Des remerciements bien sentis

Il convient certainement d’adresser un grand merci à ceux qui, il y a 15 ans, ont lancé ce rassemblement franciscain pour jeunes adultes. Merci à la famille franciscaine et à tous les bénévoles qui rendent tout ça possible. Saint François d’Assise a tant de choses à nous dire encore aujourd’hui. Puisse la Fête des Tentes durer encore bien des années et toucher encore bien des cœurs et des âmes. Ceux qui y participent reviennent ensuite dans leur milieu respectif avec un trésor à partager et à garder vivant. Mon trésor à moi sera la fraternité, la simplicité et la joie franciscaine!