Fête de sainte Anne et 50 ans de prêtrise pour le cardinal Ouellet

Plusieurs ressources seront ajoutées à cette page dans les prochaines heures.

Nous avons vécu une belle messe de la fête de sainte Anne aujourd’hui avec les frères cardinaux Marc Ouellet et Gérald Cyprien Lacroix. La basilique du Sanctuaire Sainte-Anne-de-Beaupré débordait et beaucoup de pèlerins ont tenu à offrir leurs voeux à l’ancien archevêque de Québec pour ses 50 ans de prêtrise. La confirmation du jeune Lwanzo, que le cardinal Ouellet avait baptisé il y a des 10 ans, est un autre moment fort que nous vous proposerons dans ce résumé vidéo ECDQ.tv de la journée.

La messe intégrale est maintenant disponible sur le compte Vimeo du Sanctuaire de Beaupré https://vimeo.com/sainteannedebeaupre

Vous pouvez aussi trouver les Facebook en direct de:

– l’introduction du cardinal Lacroix https://www.facebook.com/ecdq.org/videos/1986290671403206/

– l’homélie du cardinal Ouellet après l’Évangile du jour proclamée par le père Charles Duval, supérieur provincial de la province rédemptoriste de Sainte-Anne-de-Beaupré (à lire ci-dessous)
– la confirmation du jeune Lwanzo

Bonne sainte Anne, priez pour nous!

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Homélie du cardinal Marc Ouellet

Frères et Sœurs pèlerins,

J’ai eu le bonheur de célébrer ici un Au revoir, il y a huit ans, quand le Saint Père m’a appelé à collaborer avec lui à Rome au Dicastère des évêques. Je suis particulièrement heureux de célébrer aujourd’hui en pèlerin pour rendre grâce à Dieu de cinquante années de vie sacerdotale. Cette intention rejoint les intentions personnelles de chacun et chacune d’entre vous, et des personnes qui se sont recommandées à nous. J’inclus aussi pour ma part un merci à Dieu pour le témoignage religieux et le service pastoral de mon prédécesseur à Québec, Mgr Maurice Couture, qui nous a quittés il y a quelques mois.

Je porte aussi évidemment les intentions du Pape François qui sont universelles et en particulier son attention aux migrants et aux réfugiés, une grande priorité de son pontificat. Un père ou une mère de famille s’inquiète pour son enfant le plus souffrant ou le plus vulnérable. Ainsi le Saint Père ne cesse d’attirer l’attention sur ces populations à la dérive d’un continent à l’autre et d’un pays à l’autre, qui sont exposées à tous les dangers et tous les abus. Sa première visite à l’île de Lampedusa en 2013 a crié au secours pour les Africains qui sombrent dans la Méditerranée, abandonnés sur des barques de fortune par des trafiquants sans pitié. Le Pape est allé ensuite au Bangladesh pour secourir les Rohingyas et il suit de près le sort des milliers de migrants sud-américains qui montent vers les États-Unis à la recherche de leur propre famille déjà naturalisée ou menacée d’expulsion.

Portons dans la prière ces migrants et ces réfugiés auxquels nous ne restons pas indifférents malgré la tentation de les ignorer ou de les refouler pour ne pas être dérangés dans notre paix et notre confort. La famille qui nous accueille dans ce sanctuaire, la Sainte Famille, dont Saint Anne est la grand-mère, nous enseigne à prendre à cœur le destin de la grande famille humaine. Comment peut-il en être autrement puisque l’Enfant-Dieu qui lui est échu en partage transcende toutes les frontières de race, de couleur, de culture et de religion. Jésus Christ apporte à l’humanité et d’abord aux plus pauvres la bonne nouvelle de l’espérance du salut. Il entraîne dans sa mission sa famille humaine dont les noms sont honorés depuis des siècles sur les rives de ce grand fleuve Saint-Laurent : Sainte Marie et Saint Joseph, Sainte Anne et Saint Joachim, les parents de Jésus qui attendaient la consolation d’Israël.  

Avec Sirach le Sage « Faisons l’éloge de ces hommes glorieux qui sont nos ancêtres ». Faisons l’éloge de ces femmes glorieuses Sainte Anne, mère de la Vierge Marie, Mère du Sauveur. Elles ont inspiré et guidé les femmes vaillantes et glorieuses de ce pays qui lui ont donné une postérité, en dur labeur et pauvreté, avec la seule force de la foi. Honneur à ces femmes de foi et d’espérance dont les familles nombreuses ont fait notre histoire et notre gloire aux yeux de Dieu et des hommes. Sirach le Sage ajoute « avec leur postérité se maintiendra le bel héritage que sont leurs descendants ». Nous sommes de cette postérité et nous prions que la mémoire de leur foi féconde, trempée au creuset de la Croix et de l’épreuve, continue à guider nos pas sur le chemin de la vie.

« Heureux vos yeux puisqu’ils voient, et vos oreilles puisqu’elles entendent ! Amen, je vous le dis : beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu ».

Ces paroles de Jésus dans l’Évangile s’adressent aussi à nous. L’Esprit Saint nous les fait comprendre en ce lieu de pèlerinage, à la suite de la Sainte Famille et de nos ancêtres, pour confirmer notre foi au Christ et notre espérance en la vie éternelle. Le fruit le plus important de tout pèlerinage est la consolation du Saint Esprit, la confirmation de notre foi et de notre espérance, au-delà des faveurs particulières que nous implorons pour nos besoins et ceux d’autrui. Les motifs de notre présence ici sont aussi nombreux que les personnes qui forment cette assemblée, que nous soyons autochtones ou étrangers, que nous ayons suivi toute la neuvaine préparatoire ou que soyons venus seulement aujourd’hui pour la célébration solennelle de notre patronne et protectrice, Sainte Anne. Celle-ci a protégé un jour des marins bretons en péril sur le fleuve et elle protège encore fidèlement tous ceux et celles qui viennent se confier ici à son patronage.

Ce que nous voyons et entendons d’unité dans la diversité de cette belle assemblée est un signe de la bénédiction de Dieu qui a semé la foi dans notre peuple et qui la conserve dans les cœurs d’une façon plus discrète peut-être qu’autrefois mais néanmoins vivante et féconde. Car la mémoire de la première évangélisation au Canada et le rayonnement prodigieux d’une Église missionnaire chez nous, demeure un patrimoine d’espérance dans la conscience de l’Église universelle. Je le constate régulièrement dans mes rencontres avec les évêques du monde entier qui préparent le prochain synode sur les jeunes. La transmission de la foi aux jeunes générations est un grand défi à notre époque, qui réclame beaucoup de prières et de créativité. Nous prions spécialement Sainte Anne aujourd’hui afin que les familles comprennent et en particulier les aînés, grand pères et grand mères, qu’ils ont un rôle essentiel à jouer par leur témoignage personnel de foi et leur ouverture au dialogue avec les jeunes générations. La foi se transmet surtout par osmose, de personne à personne, et les liens d’affection et de confiance sont indispensables pour une éducation profonde et durable.

Le pape François insiste toujours sur les ponts entre les générations quand il parle aux jeunes et il donne lui-même l’exemple de proximité du pasteur à ses fidèles. Lors de son premier dimanche comme Pape en mars 2013, il s’est improvisé curé de la petite paroisse Sainte Anne au Vatican, célébrant la messe, prêchant l’homélie et saluant les gens à la sortie de l’église. Un énorme succès médiatique mais surtout un beau témoignage de proximité avec les prêtres qui travaillent au quotidien sur le terrain. Ce fut l’une des nombreuses surprises auxquelles il nous a habitués et qui montrent sa passion missionnaire et sa recherche d’une nouvelle évangélisation par tous les moyens. À cette enseigne, François opère surtout une révolution dans la communication, nous le voyons adopter tous les moyens de communications, plus proches du peuple pour annoncer l’Évangile : en plus des encycliques et des discours de circonstances, il multiplie les visites, interviews, livres, lettres, appels téléphoniques, etc.. Il rejoint ainsi les plus pauvres et il questionne les plus riches qui oublient facilement les misères et les injustices qui entravent la paix du monde et la solidarité entre les nations.

Chers amis, « heureux les yeux qui voient ce que vous voyez et les oreilles qui entendent ce que vous entendez ». Notre époque n’est pas pire qu’une autre mais elle est traversée par beaucoup de conflits et de tensions que la Parole de Dieu nous invite à vivre en communion au Christ Ressuscité. C’est Lui qui nous ressemble autour de la table eucharistique pour le partage de son Corps et de son Sang, une nourriture de Vie éternelle qu’aucune nourriture terrestre ne peut égaler. Demandons à l’Esprit Saint la grâce de mieux reconnaître les merveilles de Dieu présentes dans notre vie et de savoir remercier ses dons magnifiques et gratuits. Que cette célébration en l’honneur de Sainte Anne soit pour nous tous un oasis de paix et d’espérance sur notre route et qu’elle nous rende plus solidaires de ceux et celles qui émigrent de force pour fuir la guerre et la misère sans savoir ou finira leur triste aventure. Avec la Sainte Famille, élargissons nos cœurs aux dimensions de l’humanité que le Sauveur est venu sauver par amour, donnant sa vie en rançon pour la multitude. Amen!

+Marc Cardinal Ouellet
Préfet de la Congrégation pour les Évêques
Sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré
Québec, 26 juillet 2018