Article tiré de la revue Pastorale-Québec, octobre 2016.

Les 31es Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) ont eu lieu, du 26 au 31 juillet dernier, à Cracovie, l’ancienne capitale de la Pologne. Les prochaines se tiendront au Panama, en 2019. Le comité organisateur des JMJ 2016 a estimé l’affluence internationale à Cracovie à plus de deux millions de personnes et ce, malgré les actes terroristes, en Europe; dont le meurtre quelques jours plus tôt, en France, du prêtre Jacques Hamel. Des jeunes des cinq continents se sont réunis autour du Saint-Père, sous le thème: «Heureux les miséricordieux ils obtiendront miséricorde (Matthieu 5, 7).  Un moment fort de ce grand événement d’Église a aussi été la visite recueillie du Pape François au camp nazi d’Auschwitz où il a parlé à dix survivants. Voici les propos de quelques uns des 200 jeunes adultes du diocèse de Québec ayant pris part à ces JMJ 2016. 

Au-delà de mon plan, Dieu en avait un meilleur !

photo-m-scrives_r-lacroixMentionnons tout d’abord que j’avais décidé de donner à Dieu toute l’année précédant les JMJ en habitant en communauté, avec la Famille Myriam, à travers un projet qui se nomme le Service d’Espérance. Durant cette année déjà très fructueuse au plan spirituel, le Seigneur m’a appris à me faire confiance, comme à mes frères et surtout à Lui-même! Les JMJ ont été une belle occasion de pousser à fond cette grâce de confiance en me faisant viser une étape encore de plus: celle de l’abandon au plan de Dieu. Pour tout dire, je comptais fiancer ma copine durant les JMJ. J’avais fait des plans et parlé à des gens. Cependant, à chaque fois que le moment semblait venu; Dieu me montrait que, au-delà de mon plan très beau, il en avait un meilleur pour nous… Mon entraînement de toute l’année à Lui faire confiance m’a beaucoup aidé à recommencer cette gymnastique d’avancer à l’aveuglette en ne sachant qu’une chose: Dieu allait tout arranger. Après maintes tentatives et beaucoup de désinstallations, le Seigneur se manifesta au lever du soleil du jour J qu’Il avait fixé : je me levais pour faire mon oraison et je pris les textes du jour pour les méditer. La 1ère lecture du 23 juillet: Tobie 8,4b-7 (les noces de Tobie et Sarra!). Le signe était assez clair, mais vu ma tête de mule, il me fallait plus. En arrivant sur les lieux des enseignements, j’ai appris que l’atelier avant la messe portait sur: « Comment fonder une famille – Le mariage ». En toute confiance, j’ai attendu la fin de l’enseignement et c’est là que j’ai demandé à ma copine de m’épouser. Et vous savez quoi?! C’est avec émotion qu’elle a dit: « Oui ! » Gloire à Dieu !

Maxime Scrives et Rachel Lacroix

Rien n’est impossible à Dieu! Sachez-le ! 

photo_e-menardUne des grâces que j’ai reçues pendant les JMJ a été la confiance en Dieu. J’avais certes confiance en Lui, mais j’avais souvent des moments de doute et je désirais changer cela pour faire grandir ma foi. Pendant cette semaine à Cracovie, nous sommes arrivés dans une ville avec de grandes foules, peu de transports en commun et beaucoup d’autres conditions plus ou moins difficiles et hors de notre contrôle. Ainsi, pour bien vivre l’expérience il fallait avoir une bonne capacité d’adaptation et surtout savoir faire confiance à la Divine Providence. C’est dans ces moments incertains que j’ai constaté mon manque de foi. Lors de cette semaine, je me suis peu à peu abandonnée à la volonté de Dieu dans plusieurs événements. Une fois, nous avons manqué l’autobus pour aller à la messe d’ouverture et comme le découragement s’emparait de nous, une jeune fille vient nous dire que nous pourrons prendre un autobus vide à quelques rues d’ici. Nous avions faim et voilà que deux femmes nous ont donné des fruits, des légumes et des bonbons au chocolat. J’avais prié fort pour revoir une amie pendant les JMJ, car elle était partie en Suisse depuis un an. Quelle était la probabilité de se croiser à la messe d’ouverture, et cela dans une foule d’un million de jeunes? Enfin, quelle était la probabilité de se revoir après, mais dans une foule de 2,5 millions? Le Seigneur m’a montré que les probabilités ne veulent rien dire pour Lui, car Il m’a permis, à ma grande surprise, de la voir à ces deux moments. Après coup, j’ai compris que tous ces beaux cadeaux et bien d’autres venaient de Dieu, que rien n’est impossible à Dieu et que quand Il le veut, Il le peut et Il le fait, sachez-le!

Élyzann Ménard

Seigneur, émerveille-moi!

photo_c_laforest« Seigneur, émerveille-moi! ». C’est avec cette parole que j’ai débuté mon pèlerinage vers Cracovie le 10 juillet dernier. Ayant la chance de partir plus tôt, j’ai amorcé ma marche à Rome et à Paris où le Seigneur m’attendait. Ma première grâce des JMJ fut de retrouver mon espace de prière intérieure qui s’amenuisait ces dernières années. Notre pèlerinage m’a donc menée à Cracovie le 25 juillet où l’émerveillement m’a saisie. Quel beau pays, la Pologne, et surtout quelle belle nature !

Parmi plusieurs belles choses vécues à Cracovie, il y a eu d’abord la catéchèse sur la miséricorde qui transforme et qui redonne à l’être humain sa dignité d’être l’enfant aimé de Dieu. Puis, il y a eu une 2e catéchèse nous enseignant que la miséricorde est l’amour fidèle qui nous transforme devant le mal. Cet amour ne peut que donner, par le pardon, la joie et l’espérance à quiconque l’expérimente. Jésus, par sa croix et sa résurrection, est le triomphe de l’amour de Dieu dans la miséricorde.

Dans un monde où nous voulons euthanasier la souffrance, une réflexion s’impose car c’est par son oui et son don d’amour que Jésus fait naître la joie et l’espérance. Je le savais déjà mais les mots simples et pleins de sens de Mgr Legatt et la réflexion avec les autres jeunes de notre paroisse d’accueil me permettent d’en être plus consciente. La troisième catéchèse nous invite à être instrument concret de la miséricorde de Dieu.  Cette catéchèse rend la miséricorde plus facile à voir et à vivre au quotidien, par les 14 œuvres de miséricorde corporelle ainsi que spirituelle. L’engagement pris, lorsque j’ai passé la Porte de la miséricorde au Montmartre, à Paris, venait alors prendre tout son sens. La démarche humaine et spirituelle liée au passage de cette porte m’invitait à prendre un engagement concret parmi les œuvres de miséricorde. J’ai suivi chacune des étapes proposées. Le Seigneur, dans sa grande tendresse, a alors orchestré notre jour à Paris qui fut, à la fois, inattendu et tellement ressourçant.

Catherine Laforest

Ce qui m’inspire et me fait mieux vivre ma foi !

photo_c_albaretL’expérience des JMJ a été pour moi l’occasion de mieux me connaître. Elle m’a fait comprendre ce qui m’inspire en tant que chrétien pour mieux vivre ma foi, à chaque jour. En visitant la Pologne, j’ai découvert plusieurs figures emblématiques de l’événement: celles de saint Maximilien Kolbe, du bienheureux père Jerzy Popieluszko, de sainte soeur Faustina Kowalska et du saint pape Jean-Paul II. Parmi elles, une a su me toucher particulièrement: celle du bienheureux Pier Giorgio Frassati dont les reliques ont été exposées à la Basilique des Dominicains à Cracovie, durant les JMJ. « L’homme aux huit béatitudes » m’a fasciné par son engagement politique. Il savait affirmer et défendre ses idées pacifistes ainsi que sa foi malgré le contexte d’une Italie fasciste qui plongera, plus tard, dans la Seconde Guerre mondiale. Comment ne pas mentionner son aide aux pauvres et aux malades de sa ville, qu’il rendait dans un secret total. Il œuvrait sans que ses proches ne le sachent. Cette humilité m’a particulièrement frappé. Son dynamisme, sa jeunesse, sa piété et son dévouement pour les autres en font un exemple de jeune sainteté.  Il nous apprend que nous n’avons pas besoin d’être d’un grand âge pour être un ami de Dieu et que la sainteté est à notre portée dès notre plus jeune âge. Voilà un message percutant pour nous, jeunes, qui sommes venus par millions aux Journées mondiales de la jeunesse.

Charles Albaret (au centre du groupe)

Louer et prier dans un endroit saint avec des jeunes de partout ! 


photo_t_romanczykJ’ai vécu les JMJ 2016 en Pologne avec le parcours des jeunes de la Communauté de l’Emmanuel, route de l’Emmanuel Canada. Étant polonaise, au Canada depuis plus de 20 ans, vivre les JMJ dans mon pays d’origine était pour moi une expérience qui m’a permis d’approfondir ma foi personnelle, de vivre en communion avec des jeunes de diverses nations et d’écouter de remarquables enseignements de notre Saint-Père François.

Lors de notre première semaine, nous étions à Częstochowa, au Forum des jeunes organisé par la Communauté de l’Emmanuel. Częstochowa est une ville très spéciale pour les Polonais et pour les pèlerins. En fait, nous l’appelons la capitale spirituelle de la Pologne. Au sanctuaire de Jasna Góra se trouve l’icône de la Vierge noire, reine et patronne de la Pologne. Par son intercession, plusieurs miracles ont eu lieu. Au cours des siècles, elle a protégé maintes fois le peuple polonais des envahisseurs. Depuis des centaines d’années, des pèlerins de nombreuses villes de Pologne et d’ailleurs dans le monde marchent des centaines de kilomètres vers Jasna Góra, afin de remercier et de prier Marie. Lors de ma visite à notre Madone, celle que je prie depuis mon enfance, j’ai été particulièrement touchée par sa présence dans ma vie. De plus, lors de cette journée de pèlerinage, nous (les jeunes) avons eu la chance de veiller au pied du sanctuaire lors d’une vigile avec des chants de louanges, des prières et le traditionnel « Apel Jasnogórski » qui est chanté à chaque soir près de la Vierge. Ce moment était un des plus forts et profonds de mes JMJ. De louer et de prier avec des milliers de jeunes dans cet endroit saint m’a remplie de confiance dans la Miséricorde de Dieu. Durant cette vigile, le Seigneur nous a comblés de ses grâces.

Teresa Romanczyk

La miséricorde est la meilleure part! 

Les grâces décrites dans ces témoignages offrent déjà des réponses de foi humble et confiante à l’invitation de vivre la miséricorde que le Saint-Père lançait aux jeunes. En effet, dans son discours d’accueil au Parc Jordan de Blonia, à Cracovie, le pape François s’est inspiré de la rencontre de Jésus avec les sœurs Marthe et Marie de Béthanie (Luc, 10, 38-42). Le Pape a rappelé à ces jeunes adultes que leur vie est pleine lorsqu’elle est vécue à partir de la miséricorde, que la miséricorde est la meilleure part et qu’elle ne leur sera jamais enlevée.

Éric Plante

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